Fédération Genevoise Equestre

Bientôt le CSI de Genève!

A un peu plus d´un mois du coup d´envoi du Concours Hippique International de Genève, nous vous proposons d´en découvrir les grandes lignes grâce aux articles ci-dessous. Nous avons aussi rencontré Sophie Mottu, la nouvelle directrice du CSI. Dans une longue interview exclusive, elle nous parle en toute sincérité d´elle, de ses appréhensions, de ses joies et de la manifestation. Mais retour d´abord sur l´un des temps forts de cet événement, la finale du Top Ten mondial que Genève a la chance d´accueillir pour la 4e année consécutive!

 

« On va tout faire pour garder cette finale du Top Ten. Elle n’est pas acquise. Beaucoup de villes nous envient et aimeraient l’avoir » avouait à l’issue de l’édition 2003 Pierre E. Genecand, ancien président du comité d’organisation. Malgré la concurrence, Genève a donc été plébiscitée par le Club international des cavaliers pour recevoir la 4e édition de la finale du Top Ten présentée par Rolex et Gandini. Les meilleurs cavaliers et chevaux du monde seront une fois de plus présents. Les noms des dix heureux élus seront connus le 29 novembre prochain. Le Brésilien Rodrigo Pessoa (au centre sur la photo ci-dessus) sera là pour défendre son titre. Côté suisse, aucun de nos représentant n´est pour l´instant dans le lot malheureusement. Markus Fuchs est 13e et il ne lui reste que quelques concours pour améliorer son rang.

 

Une fois de plus, le public va en prendre plein les yeux et il y en aura pour tous les goûts! Si le programme n’a pas subi de grands changements, il prévoit comme d’habitude une alternance entre les épreuves sérieuses (chasse En Châtillon, Grand Prix HSBC Guyerzeller, Grand Prix Rolex Coupe du monde) et les compétitions divertissantes voire humoristiques (Six-Barres, épreuve des combinaisons Zschokke SA, Knock-Out Hôtel Crowne Plaza, Masters PMU et chasse sans selle TSR). Dans le Masters PMU, les cavaliers feront du saut, du dressage, de l’attelage et même des courses en sulky !

 

 

Les cavaliers romands à l’honneur

 

Soucieux de donner l’occasion unique aux cavaliers romands de côtoyer l’élite mondiale et de soutenir les organisateurs de beaux concours en Romandie, les organisateurs du CSI ont offert 8 invitations (wild card). Si Hervé Favre, Faye Schoch, la championne romande Dehlia Oeuvray ou encore Pierre Kolly ont déjà eu ce privilège, c’est une première pour la Vaudoise Nadia Gaumann et le Genevois Olivier Bourqui (photo ci-dessu).

 

« C’est fantastique d’y aller, surtout avec le cheval de ma vie. Je suis sur un nuage ! C’est encore plus beau que d’aller au championnat suisse élite. En plus c’est à côté de chez moi » s’était réjouie Nadia Gaumann après avoir remporté le précieux cadeau à Verbier cet été avec Quick Star.

 

« Ça fait 41 ans, onze mois et bientôt trois semaines que j’attend ça ! » avait lancé, aux anges, Olivier Bourqui après son succès dans la finale du Summer Classic à Choulex sur Kwikstaart. « Je me réjouis d’y être ! » lançait Olivier Bourqui jeudi passé. Pour préparer le CSI genevois, le cavalier de Troinex fera une virée en Italie puis à Mütschemier chez Gerhard Etter. « Avec Willi Melliger, nous allons peut-être aller en Egypte pour deux concours. Mais c’est pas sûr. Le trajet est long » ajoutait-il.

 

Grand moment pour les cavaliers, mais pour la famille et les supporters aussi ! « Tout Gingins va venir au CSI ! » lance avec le sourire et ému Bernard Gaumann, le papa de Nadia.

 

Après un début de saison magnifique et plusieurs victoires au plus haut niveau, les organisateurs ont fait une fleur à Philippe Putallaz qui aura les mêmes droits que les détenteurs de « wild card ». Il pourra monter deux chevaux et un indigène dans le Youngster Tour. Récemment, le cavalier de Versoix craignait de ne pouvoir être de la fête. « Les Romands ont toujours plus de peine à être intégrés dans la sélection suisse officielle » lançait-il.

 

 

Multitude d’attractions

 

Pour divertir les spectateurs entre les épreuves, il y aura le traditionnel village des exposants, des bars, des restaurants, mais aussi un riche programme d’attractions basées notamment sur le thème de l’eau et du feu. Le public assistera à des cascades, à une poste hongroise de 14 chevaux (cavalier debout sur la croupe des chevaux) ou encore à des présentations de chevaux russes Akhal tékés. L’un des temps forts sera sans doute la vache qui saute ! La fanfare montée du Chablais viendra faire un tour sur la piste principale lors de la distribution des prix spéciaux le dimanche.

 

Les organisateurs aiment mettre à l’honneur tous les types et races de chevaux, en particulier les chevaux du pays. Ainsi ont-ils prévu au programme la super finale du Swiss Breed Classic.

 

La composition de la délégation suisse

 


5e du Grand Prix l´an passé, Christophe Barbeau avait reçu une montre Rolex remis ici par Alicia Heiniger. Le Fribourgeois sera l´un des piliers de notre sélection.

La délégation suisse comportera 22 cavaliers dont trois Genevois. Markus Fuchs, Steve Guerdat, Christina Liebherr, Christophe Barbeau, Fabio Crotta, Beat Mändli, Willi Melliger et Daniel Etter pourront monter 4 chevaux dont 1 dans le youngster tour (pour jeunes chevaux).

Quant à la Genevoise Céline Stauffer, Beat Grandjean, Theo Muff, Niklaus Schurtenberger et Pius Schwizer, ils n’auront droit qu’à 3 chevaux et éventuellement 1 indigène dans le youngster tour. Le Versoisien Philippe Putallaz pourra monter deux chevaux et éventuellement 1 Suisse dans le youngster tour.

S’ajoutent les 8 détenteurs des wild card qui monteront un seul cheval : Hervé Favre (GP Mont-sur-Lausanne), Faye Schoch (GP Avenches), Pierre Kolly (GP Crans-Montana), Viviane Auberson (GP Mont-de-Coeuve), Nadia Gaumann (GP Verbier), Olivier Bourqui (Vainqueur finale Summer Classic), Dehlia Oeuvray (Championne romande élite) et enfin Maryline Vorpe, deuxième meilleure cavalière romande lors du championnat suisse élite. Maryline Vorpe bénéficie de l’invitation de Céline Stauffer, meilleure Romande du championnat suisse élite (2e) et intégrée dans la sélection suisse officielle.

Pascal Mathieu


Un grand moment pour deux ptits jeunes

 


Philippe Putallaz et son fils Jessy, qui vient d´intégrer la Fondation Little Dreams de Phil et Oriane Collins, seront tous les deux au CSI de Genève.

Cette 44e édition du CSI de Genève aura un goût particulier pour deux jeunes espoirs du saut suisse. C’est à l’occasion du CSI que la Vaudoise Oriane Kleiner (17 ans) et le Genevois Jessy Putallaz (14 ans) intégreront officiellement le monde de l’équitation de la Fondation Little Dreams. Cette fondation, créée par le chanteur Phil Collins et son épouse Oriane, soutient une cinquantaine de jeunes artistes et sportifs prometteurs.


La pré-sélection avait réuni 7 prétendants et leurs parents fin mai à Gingins. Depuis, la fondation et les responsables ont étudié minutieusement les dossiers et fait leur choix. « Oriane et Jessy recevront un encadrement pour les cours d’équitation donnés par les parrains qui sont Malin Baryard, Rodrigo Pessoa et Steve Guerdat. Ils se verront également rembourser une partie de leurs frais occasionnés par les concours. Mais en aucun cas la Fondation ne contribuera à l’achat d’un cheval » précise Alban Poudret, conseiller technique pour Little Dreams. « Durant le CSI, Oriane et Jessy participeront à un clinic de saut donné le samedi après-midi par leurs 3 parrains. Ils pourront aussi participer au Jockey Club et auront accès aux coulisses où ils pourront côtoyer les grands ».

« C’est un coup de pouce à Oriane Collins » explique Sophie Mottu, la directrice du CSI. « On a toujours eu un clinic de dressage. On en a beaucoup parlé avec Alban et on s’est dit qu’il serait sympa de créer un clinic de saut. On a pensé aux jeunes de la Fondation ».

P. M.

 

 

 

 

Sophie Mottu : une jeune femme dynamique

 

A 28 ans, Sophie Mottu (photo) a repris en main la direction du Concours Hippique International de Genève. Une tâche délicate qu’elle assume avec professionnalisme et dynamisme depuis que Pierre E. Genecand lui a transmis le relais en février 2004.


A quelques semaines du coup d’envoi de la 44e édition qui aura lieu du 9 au 12 décembre à Geneva Palexpo, la tension monte. Les réunions sont nombreuses et le téléphone n’arrête pas de sonner. Malgré un emploi du temps chargé, Sophie Mottu a pris le temps de nous recevoir dans les nouveaux bureaux du CSI au Centre administratif de Carouge.


Rencontre avec une jeune femme charismatique et dynamique.

 

Sophie, à un peu plus d’un mois du coup d’envoi du CSI, dans quel état d’esprit êtes-vous ?

Aujourd’hui, je suis plutôt confiante malgré des soucis qu’on a eu dernièrement avec Geneva Palexpo. On a dû se battre pour que les plans des infrastructures soient conservés car ils ne voulaient pas qu’on mette les chevaux dans la halle 6 comme c’était prévu dès le départ et annoncé à beaucoup de gens. Mais j’avoue que j’aimerais bien être au concours !

 

Vous avez emménagé dans de nouveaux bureaux (photo). Pourquoi ?

C’était surtout pour me démarquer de Pierre E. Genecand. Non que je sois fâchée avec lui mais pour montrer que c’était une nouvelle équipe et qu’on repartait de zéro. Je me sens bien ici. J’étais seule pour tout emménager. Ça été difficile car j’assurais tout l’administratif. Mais en juillet, Chantal Rothen est arrivée pour m’épauler puis Caroline Firmenich en septembre. Je travaille à plein temps. Chantal est là tous les matins et Caroline vient les après-midi de septembre à décembre.

 

Comment s’est passée la reprise en main du concours ?

La transition s’est faite en douceur. Je travaille au sein du comité du concours depuis septembre 2002. La passation de la direction s’est faite en janvier 2004. Mais j’avouerais que j’ai eu une grosse surprise lorsqu’on a mis en place le budget. Pas mal de montants n’étaient auparavant pas intégrés dans le budget car pris en charge par la Gesresp, la société de Pierre. E. Genecand. Notre budget commençait donc à prendre des proportions auxquelles on n’avait pas pensé. Mais en retravaillant dessus, on réussi finalement à trouver des solutions.

 

Est-ce que du fait d’être une femme, jeune en plus, vous avez subi des revers ou des remarques négatives ?

D’être une femme ça ne pose aucun problème. C’est un milieu de machos c’est sûr mais on est respectées. Je ne suis pas la seule femme à être à la tête d’un concours hippique international. C’est le cas à Paris et à Cannes notamment. Mais c’est mon jeune âge qui m’a posé problème. Les gens ont de la peine à se dire qu’à mon jeune âge je suis capable de le faire. Je dois tous les jours prouver que je suis à la bonne place et que la nouvelle équipe va être tout aussi capable que l’ancienne. J’ai besoin de cette première édition pour le montrer. Mais je reste naturelle et franche. Les choses sont claires et en général, les gens que je sentais sceptiques au début d’un entretien sont plus convaincus à la fin.

 

Le fait d’avoir travaillé dans l’organisation des Fêtes de Genève vous aide ?

Ça m’aide dans la gestion du stress. J’ai eu de gros coups de stress en travaillant pour les Fêtes. J’ai appris une chose : il ne faut jamais stresser, tout problème a une solution.

  

Vous avez beaucoup voyagé cette année ?

J’ai pas mal voyagé pour voir les autres concours hippiques déjà avec Pierre E. Genecand. En général, je vais à Paris, Bordeaux, Rome et Barcelone. J’ai eu la chance d’aller aux Jeux Olympiques d’Athènes cet été. Dans deux semaines, nous allons à Bruxelles voir le concours mis sur pied par Nelson et Rodrigo Pessoa. C’est important pour connaître les gens. Ils ont besoin d’intégrer mon visage dans la Coupe du Monde. Au début c’était donc surtout du relationnel mais maintenant ce qui m’intéresse aussi c’est de voir comment les gens travaillent en coulisses. Lors de la finale de la Coupe du Monde à Milan, nous avons pu voir beaucoup de choses, c’est intéressant. Ce qui est génial aussi, c’est que de plus en plus de gens du comité suivent. Notamment France Bussy, responsable des stands, Eric Sauvain, responsable de la sécurité et de la construction et Serge Bednarczyk, nouveau responsable des finances aux côtés d’Egon Kiss-Borlase.

 


Mettre sur pied le CSI de Genève, c´est des heures de travail pour le comité de 30 personnes qui se réunit une fois par mois et une fois toutes les semaines le mois précédant le concours. Les journées sont bien remplies pour la directrice Sophie Mottu qui est aidée par Chantal Rothen et Caroline Firmenich (ici de dos) dans les tâches administratives.

Quelle est la journée type d’une directrice de concours ?

En résumé, des grosses journées ! Je coure tout le temps (rires). J’arrive au bureau vers 8h30 et y reste jusque vers 20h00. A l’approche du concours, il y a beaucoup de rendez-vous à l’extérieur. Et on travaille déjà sur l’édition 2005. On rencontre d’éventuels partenaires.  

 

Ras-le-bol parfois ?

Sur certains dossiers, il y a saturation car on sent que les choses ne bougent pas et n’évoluent pas. Deux dossiers sont pesants pour le concours, le budget et la recherche de sponsors. Pour nous ce sont les grosses tâches.

 

Place pour une vie privée normale ?

J’avais le temps (rires). Cet été j’ai eu une vie privée normale. Mais là c’est vrai que c’est la période la plus chargée. En sortant à 20h00 du bureau et en allant monter mon cheval à Corsier (Toy a 20 ans et Sophie le monte depuis qu’il en a 5), je rentre chez moi vers 22h00.

 

Quel rapport entretenez-vous avec l’ancien président du comité Pierre E. Genecand ?

Malheureusement, il n’y a plus aucun rapport. J’aurais bien aimé que ce soit une personne vers qui je vais demander conseil mais il y a eu des histoires qui font que les liens se sont brisés. Jusqu’à la passation, tout se passait très bien entre nous. Mais ça s’est gâté ensuite. Il est persuadé que je dis plein de choses sur lui alors que je suis tout à fait respectueuse envers lui. C’est grâce à lui que je suis là. Il y a beaucoup de malentendus qui font qu’on ne se parle plus du tout. J’aurais voulu le voir juste avant que je quitte ses bureaux, mais il ne l’a pas souhaité. Je le regrette.

 

Parlons du concours. D’une façon générale, qu’est-ce que vous avez changé par rapport à l’an passé ?

Le concours revient dans les halles 4 et 5. Au niveau des constructions, on a augmenté la capacité des tribunes de 1´000 places. Le Jockey Club et le restaurant Hospitalités se retrouvent en face de l’entrée des cavaliers juste sous la tribune du jury. On a conservé les deux bars d’angle qui avaient été très appréciés du public. La piste sera plus carrée. Le paddock d’entraînement a fait un quart de tour ce qui permettra au public d’y accéder sur 3 côtés. On a une zone de stands d’expositions supplémentaire. Enfin, les écuries seront dans la halle 6. C’est surtout par rapport au Supercross de Genève qui a lieu une semaine avant nous. On n’aurait pas pu monter les écuries en 4 jours dans la halle 5. Les boxes seront montés dès le 29 novembre.  

 

Et du côté du programme ?

On a réintégré des épreuves ludiques comme le Knock-Out le vendredi soir et le Masters (épreuve plurisdisciplinaire) le samedi. Il est important que le public s’amuse, surtout les non-initiés. Samedi, il y aura aussi un clinic de saut. Malin Baryard, Rodrigo Pessoa et Steve Guerdat donneront une leçon à Jessy Putallaz et Oriane Kleiner, les deux jeunes espoirs qui viennent d’intégrer la Fondation Little Dreams chère aux Collins. Cette année, il n’y aura pas de grande attraction sur la piste. Ça fait quelques années que ça ne se passe pas bien et que le public est plus déçu qu’autre chose. Mais il y aura beaucoup de choses à voir sur la piste des attractions. Parmi elles, l’attelage à 11 chevaux, la Fanfare montée du Chablaix de 25 chevaux, la vache qui saute. Le reste du programme est similaire. La structure fonctionnait. On l’a gardée.   

 

Comment faire le tri des nombreuses demandes qui émanent des cavaliers ?

On accueille 50 cavaliers en tout. On n’en prend pas plus pour des raisons d’organisation et de coût. Le règlement de la Coupe du Monde prévoit que 50 cavaliers et pas un de plus prennent le départ de la pré-qualificative Coupe du Monde le vendredi. De plus tous les cavaliers, sauf les titulaires de « wild card », sont logés à nos frais. Par ailleurs, il faut savoir qu’on a des cotas et que les fédérations définissent elles-mêmes la composition des équipes. Mais il nous arrive d’avoir des discussions avec les chefs d’équipe car on a des cavaliers que nous et le public préférons. Après ces sélections de base, il ne nous reste que 3 à 4 places. On doit donc refuser beaucoup de cavaliers, une soixantaine environ.

 

Vous n’acceptez aucun « backschich » des cavaliers ?

Non, nous n’acceptons aucune somme d’argent de la part de cavaliers ou sponsors de cavaliers. C’est une ligne de conduite qu’on s’est fixée. Je ne vous cache pas que d’autres concours le font. Certains sont même choqués quand on dit non !

 

Beaucoup de concours, notamment Bruxelles organisé par les Pessoa, vous envient la finale du Top Ten. Comment avez-vous fait pour le garder ?

On a beaucoup mis en avant ce qu’on offrait pour le Top Ten : qualité des infrastructures, du programme, de l’accueil et nos trois années d’expériences. Ça dépasse l’aspect financier vu que d’autres concours offrent un prize money plus élevé que nous (à Genève, le montant total du prize money est de 539´200 francs suisses). Les cavaliers, réunis au sein du Club international des cavaliers, nous soutiennent aussi beaucoup, notamment les 6 Allemands du Top Ten. Les Pessoa et Bruxelles n’ont pas eu le Top Ten cette année, car ça faisait très longtemps que le concours de Bruxelles n’avait pas été organisé. Le Club international des cavaliers lui a indiqué d’organiser déjà une édition sans Top Ten. Il attend de voir comment ça va se passer et reconsidérera sa demande l’an prochain.    

 

L’an prochain, Genève accueillera la 5e édition ?

C’est tôt pour en parler. J’attend de voir Bruxelles dans 2 semaines et pourrai faire un jugement à ce moment là. Mais je suis assez confiante, on a réussi à l’avoir 4 années de suite…


Certains concours internationaux comme Berlin disparaissent à cause des difficultés financières. Comment Genève fait pour continuer à exister ?

Je ne vous cache pas que jusqu’à maintenant, le CSI de Genève a continué à pouvoir exister grâce à l’argent de Pierre E. Genecand qui comblait le déficit chaque année. Cette année, la garantie de déficit a été assurée par un sponsor. C’est pour ça que nous travaillons déjà sur l’édition 2005. Il nous faut combler les trous.

 

Est-ce qu’il est difficile au fil des ans de fidéliser des sponsors voire d’en attirer de nouveaux ?

La Coupe du Monde et la finale du Top Ten sont très porteurs. Reste qu’il faut que l’image convienne au sponsor et à son public. Les fidéliser, c’est très dur car on est dans une période économique difficile. On a donc un travail perpétuel à faire. Nous avons chaque année un débriefing avec nos sponsors pour savoir ce qui leur a plu ou ce qui faudrait améliorer. On doit renouveler des sponsors pour l’année prochaine. Mais je suis confiante. Genève a fait sa place au sein des concours internationaux c’est donc plus facile à le vendre. Malgré tout, la concurrence existe avec l’apparition de plus en plus de « petits » concours internationaux.

 

Le prize money du CSI de Genève a passé de 507´000.- en 2002 à 516´000.- en 2003. Il atteint 539´200.- cette année. Ça reste plutôt stable par rapport à des concours qui offrent de grosses dotations (plus de 100´000.- au vainqueur du GP de Kuala Lumpur cette année).

Les cavaliers sont de plus en plus exigeants et demandent chaque année une augmentation mais on ne le fait pas. On essaie de leur faire prendre conscience que la situation économique est délicate et que des concours internationaux disparaissent. J’ai parfois l’impression qu’ils ne réalisent pas et vivent dans un autre monde. Ils ont de la peine à se rendre compte que sans nous ils n’existent plus non plus. De plus, chaque année, nous devons nous battre pour limiter les différentes taxes que prélève la Fédération Equestre Internationale, notamment sur les prix que touchent les cavaliers. Nous payons environ 50´000 francs de taxes.

 



Trouver des sponsors, les fidéliser, établir le budget, autant de tâches délicates pour la jeune directrice qui s´acquitte de ses fonctions avec le sourire.


On va parler des wild card maintenant. Huit cavaliers romands en bénéficient. Vous êtes l’un des rares concours à proposer ce privilège.

C’est une volonté de notre part de privilégier les cavaliers romands qui sont plutôt rares dans la sélection suisse officielle choisie par le chef d’équipe. Ils ont ainsi la chance de participer à un concours international. Certains n’ont pas la chance de pouvoir aller à l’étranger se mesurer aux grands. Mais c’est aussi la volonté de soutenir les organisateurs de concours en Suisse romande qui prennent de plus en plus d’importance. J’ai eu l’occasion d’aller en voir quelques uns cette année et ils deviennent magnifiques. Verbier, Crans, Choulex par exemple, c’est vraiment de la haute qualité. La tendance s’est inversée. Avant les Romands se déplaçaient en Suisse allemande pour chercher les beaux concours. Maintenant ce sont les Suisses allemands qui sont attirés par les concours romands de grande qualité.     

 

C’est aussi l’occasion de concerner davantage le public romand ?

Exactement, un cavalier romand suscitera davantage d’intérêt auprès du public qu’un Suisse allemand moins connu. Pour le public c’est aussi l’occasion de se dire que c’est « son événement ».

 

Vous recevez beaucoup de demandes de certains qui espèrent voir les finales genevoises de saut ou des attractions conçues par des Genevois se dérouler sur la piste de Geneva Palexpo. Qu’en est-il ?

Je pense qu’on accorde déjà beaucoup de place aux cavaliers amateurs avec le Jockey Club. C’est un concours international et il ne faut pas tomber dans trop de régional, sans connotation péjorative bien sûr ! Au niveau des attractions, j’ai eu pas mal de demandes des Genevois pour une farandole des manèges de la région notamment. Mais les gens m’ont abordé un peu tard pour mettre ça en place. On est ouvert et on aime favoriser les gens de la région. Mais on sera exigeants quant à la qualité de ce qui sera présenté.   

 

Votre épreuve préférée dans le programme 2004 ?

C’est incontestablement le Top Ten. Les plus beaux chevaux et cavaliers sont là, on les fait intervenir. Les parcours sont techniquement difficiles donc c’est très intéressant à regarder.

 

Vous avez le temps de regarder quelques épreuves pendant le concours ?

Je ne vois presque rien. Le dimanche, quand le gros stress est derrière, j’essaie de m’isoler pour regarder le Grand Prix tranquillement. Mais impossible de le faire pendant le Top Ten. Je dois manger avec les principaux sponsors.

 

Vous parler de « gros stress » pendant le concours. Vous êtes stressée là ?

Oui. Et je sens que le stress est présent depuis la première conférence de presse qui a eu lieu il y a 3 jours. Je réfléchis si j’ai pensé à tout et si tout va bien se passer.

 

Votre première conférence de presse s’est bien passée ?

J’ai eu la chance de pouvoir prendre la parole l’an passé pendant les 2 conférences de presse. Mais c’est stressant car je suis timide et on dit que c’est la première impression qui est importante. D’après les personnes qui m’ont écoutées ça c’est bien passé !

 

Vous vous réjouissez de la 2e conférence de presse alors ?  

Je me réjouis du concours (rires).

 

Si des gens hésitent encore à venir au CSI de Genève, que leur diriez-vous ?

On a des prix attractifs à partir de 10 francs et on a mis sur pied un programme attractif qui plaise aussi aux non-initiés. C’est la fête et un beau cadeau à s’offrir avant Noël !


Interview et photos: Pascal Mathieu 

Pratique

 

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