Fédération Genevoise Equestre

Trois Genevois qualifiés pour le championnat suisse élite!

C'est une première, cette année trois Genevois sont qualifiés pour la finale du championnat suisse élite de saut. Pierre Brunschwig, Sandra et Philippe Putallaz ont décroché les deux classements grand prix S2 minimum obligatoires pour participer à l'événement qui aura lieu du 6 au 8 septembre à Avenches.

Pascale Dusseiller pourrait les rejoindre si elle se classe dimanche prochain dans le Grand Prix du Mont-de-Coeuve (JU). « Franchement, je ne vise pas absolument un classement donc une qualification pour le championnat suisse, avoue Pascale Dusseiller qui a déjà participé une dizaine de fois à l'événement (elle était 3e en 1997). Je veux surtout faire de bons parcours avec ma jument Quality qui manque encore de métier. » Mais l'amazone de Corsier n'écarte cependant pas l'hypothèse de participer à la finale. Il faudra voir la forme de la jument ces prochaines semaines.


Pascale Dusseiller n´écarte pas l´hypothèse de participer au championnat suisse.


Sandra Putallaz espère être parmi les finalistes le dimanche

Après s'être classée 8e et 16e des grand prix de Giubiasco et Uster, Sandra Putallaz avait avoué hésiter d'aller à la finale, tant les parcours sont gros. Mais sa 2e place à Avenches et le fait de savoir que plusieurs Genevois s'y rendent l'ont finalement décidée. Elle participera à sa 2e finale, après celle d'Aarau en 1994 avec Baba Cool. Cela avait plutôt bien marché (18es), puisqu'ils avaient manqué d'un rang une participation à la finale du dimanche. Cette année, Sandra espère une qualification pour le dimanche. « Ce serait bien » avoue-t-elle modestement, consciente que les parcours seront très difficiles.

Pour l'heure, Sandra Putallaz va ménager Palmira von Hof CH, histoire « qu'elle garde la forme et le moral ». Elles vont au Mont-de-Coeuve, à Verbier puis à Avenches pour le championnat suisse. Cet automne, il se pourrait que les sélectionneurs fassent appel à elles pour une coupe des nations à Zagreb ou Athènes. « Ce serait super ! », s'enthousiasme Sandra qui avait déjà connu les joies d'une telle sélection. Avec Baba Cool, elle aurait dû se rendre en Bulgarie, mais le concours avait été annulé à cause de la guerre en Yougoslavie.


Pierre Brunschwig encore incertain

Quant à Pierre Brunschwig, il ne sait pas encore s´il participera à sa première finale élite. Il devrait prendre sa décision fin août, après avoir participé à quelques épreuves importantes. « Il est vrai que ce serait un grand moment, avoue l´amateur genevois. Mais je veux que ma jument et moi soyons très en forme pour y aller. Un championnat suisse, c´est le top de la difficulté ». Après une 12e place dans le Grand Prix de Giubiasco en octobre dernier, Pierre et Pocahontas ont terminé à une brillante 8e place à Avenches. Jugeant le terrain en sable de Lignières inadéquat pour ce niveau d´épreuve (il n´est pas le seul…), Pierre n´a pas souhaité participer au Grand Prix.

De plus, Pierre Brunschwig s´est dit mécontent de la règle des 18 classements S1 obligatoires (entrée en vigueur le 1er janvier 2002) pour pouvoir participer à un grand prix S2 qualificatif pour le championnat suisse élite. Selon lui, les cavaliers sont assez intelligents pour savoir s´ils sont prêts pour disputer des épreuves de ce niveau. « Si on s´inscrit à un grand prix, c´est qu´on est capable de le faire » martèle-t-il, jugeant par conséquent la règle des 18 classements inadéquate.

En plus d´être entrée en vigueur pendant la période de qualification (qui a débuté le 7 octobre avec le Grand Prix de Giubiasco et qui se termine le 28 juillet au Mont-de-Coeuve), donc à un moment inopportun, cette règle barre la route aux non-professionnels qui n´ont souvent pas la chance de pouvoir disputer autant de S1 que les professionnels dont le piquet de chevaux est souvent plus garni. « Personnellement, je ne peux pas faire beaucoup de S dans une saison. Je n´ai que deux chevaux capables de le faire » remarque Pierre Brunschwig qui a déjà contacté la commission technique de la Fédération suisse des sports équestres pour faire part de ses griefs. « On m´a répondu d´une façon très évasive ». Peut-être qu´en insistant, les cavaliers et les organisateurs parviendront à faire changer les choses pour l´année prochaine… 

Philippe Putallaz vise haut avec L´Amie

Enfin, Philippe Putallaz a décroché les deux classements S2 qui lui manquaient ce week-end dans le Grand Prix de Lignières où il était 7e avec L´Amie et 11e sur Maastricht D. Philippe était ravi de ses montures et notamment de Maastricht D. « C'est le premier grand prix de sa vie à 8 ans » lançait-il. Avec elle, Philippe a effectué un parcours pénalisé de 8 points dans le triple saut. « Elle a glissé avant le départ de cette ligne et n'avait donc plus de force pour sortir » expliquait Philippe.


Philippe Putallaz et Maastricht D (photo: CSI Neuendorf).

Un triple qu'il a franchi sans encombre avec L´Amie avant de se faire piéger par le vertical bidet qui suivait. Son explication : « Sur main droite, c'est son problème, il a toujours tendance à tirer à gauche. J'ai donc dû tenir beaucoup de rêne droite et je n'ai pas pu le laisser sauter naturellement ».

Pour le championnat suisse, Philippe Putallaz montera L'Amie, ce hollandais acheté aux Pessoa par Manfred Wilde il y a deux ans. « C'est le cheval qui a le plus de moyens et le plus d'expérience par rapport aux autres. C'est mon meilleur cheval actuellement pour sauter les grosses épreuves. Même s'il manque encore un peu de métier, il va le faire. »

Confiant après son passage au CSI-A de Neuendorf où il était le 3e meilleur cavalier suisse, Philippe se rendra à Avenches avec des ambitions et vise même une place parmi les dix premiers. « Le cheval (ndlr : L'Amie) a les qualités pour. Il y en a peu qui les ont. Si c'est vraiment gros, il va être là, c'est sûr ! » avouait-il, assurant que L'Amie est l'un des trente meilleurs chevaux au monde. Pour préparer le championnat suisse dans de bonnes conditions, Philippe Putallaz va, une semaine avant la finale, rejoindre les nouvelles installations de Gian Battista Lutta à Lossy (FR) où il s´entraînera avec Christophe Barbeau.

P. M.

 

Le phénomène L'Amie

Une progression rapide après des débuts difficiles


Philippe Putallaz et L´Amie au CSI de Neuendorf (photo: CSI Neuendorf).

Avec son prix, son caractère, ses qualités, le phénomène L'Amie a beaucoup fait parlé de lui depuis qu'il est arrivé en Suisse il y a deux ans. Son propriétaire Manfred Wilde, un gérant de fortune impliqué aussi dans l'industrie cinématographique, l'a acheté aux Pessoa pendant le circuit du soleil en 2000 pour un prix extraordinaire. Discret, Manfred Wilde ne nous le confiera pas. Mais de source sûre, L'Amie a coûté la rondelette somme de 1 million de dollars ! Après un passage entre les mains de Philippe Linget, le délicat L'Amie a été confié à Philippe Putallaz au début de la saison.

La progression du couple Philippe-L'Amie a été rapide. Mais tout n'a pas été simple. « Le cheval m'a donné beaucoup de soucis au départ, se souvient Philippe. Il n'est pas évident du tout, même s'il a d'énormes qualités. J'ai dû faire vite avec, trop vite même, mais le cheval a accepté, il s'est laissé faire et s'est classé à chacune de ses sorties. On a débuté en M2 cette année pour se classer deux fois dans les quatre grand prix de Neuendorf en juillet. Je suis très content du cheval. A un moment donné, je ne pensais pas que sa tête allait venir autant bien que je voulais. Mais là, depuis un mois, je n'ai plus aucun problème avec. Il ne me fait plus une défense, je n'ai plus de problème de rivière ou d'entrée en piste. Il est comme un cheval normal. Je peux même le donner à mon fils (Jessy) pour aller le promener. »

De la force de caractère, Philippe Putallaz et L'Amie en ont! Mais de cette confrontation s'est dégagée une entente, une complicité. Cela n'a pas toujours été le cas. Après avoir été monté par Rodrigo Pessoa, L'Amie a été confié à Philippe Linget. « Sans vouloir le dénigrer, il s'est retrouvé avec un cheval très cher et une pression énorme autour. Je pense qu'il manquait de confiance et en avait un peu peur, car L'Amie n'est pas évident. Je ne crois pas que c'était un cheval pour lui. » avoue Philippe Putallaz.

Le prochain concours de Philippe avec L'Amie, c'est le Mont-de-Coeuve (JU) le week-end prochain où il espère bien remporter la wild-card pour le CSI-W de Genève. « C'est un autre objectif de ma saison ». Puis il y aura Verbier où, là aussi, il veut briller dans le Grand Prix.

Avec le piquet de chevaux qu'il a désormais à disposition, Philippe affiche de grandes ambitions pour les mois à venir et la saison prochaine. « Je peux rêver un peu et viser les coupes des nations et quelques CSI-A. Il y a d'autres gens qui ont moins de résultats que moi qui font des coupes des nations. »

Il faudra aussi compter avec les offres qu'on lui propose pour certaines de ses montures et l'achat d'autres chevaux. Pour L'Amie, un contrat qui lie son propriétaire à Philippe précise que tant que celui-ci fait des résultats avec, il le garde. Mais Philippe est clair : « Une chose est sûre. Si je vend tous mes chevaux, j'arrête. Je ne veux pas continuer à monter en niveau M2-S1 en Suisse romande. Cela ne m'intéresse plus, j'ai assez fait, je ne veux plus ! »

P. M.